L’otite : et si on écoutait ce qu’elle a à nous dire ?
Loucyann et son oreille gauche :
quand le corps parle
Derrière un simple rhume, une question que je me pose toujours :
qu’est-ce que le corps de mon enfant essaie de me dire ?
Depuis quelques jours, mon petit Loucyann se bat contre un vilain rhume. Le nez qui coule, la gorge qui gratouille… et maintenant, une douleur à l’oreille gauche. Une otite qui pointe le bout de son nez ? C’est fort possible. Bien sûr, le lien physique est évident : le rhume s’installe, les muqueuses s’enflamment, et les oreilles peuvent en pâtir.
Mais tu me connais : je ne peux pas m’empêcher d’aller voir au-delà du symptôme. Parce que le corps est un messager. Quand il s’exprime, c’est qu’il a quelque chose à dire. Alors, comme à mon habitude, j’ai pris un instant pour me poser avec lui. Je lui ai demandé, tout doucement : « mon cœur, est-ce que tu as entendu quelque chose qui t’a fait du mal ? »
Il m’a regardée, un peu surpris. Peut-être que non ou peut-être que oui. Peut-être que dans ce petit corps en plein combat contre les microbes, il y a aussi une émotion qui cherche à se frayer un chemin.
L’oreille gauche… l’oreille du cœur. Celle qui capte les mots doux mais aussi ceux qui blessent, ceux qui résonnent sans qu’on le veuille.
Fanny Langlois
Alors je reste attentive. Je l’entoure de douceur. Parce que oui, le rhume va passer, la douleur va s’estomper mais je veux être certaine que son cœur, lui aussi, reste léger. Et toi, as-tu déjà pris un moment pour demander à ton enfant si quelque chose l’a blessé dans ce qu’il a entendu ? Parfois, les mots laissent des traces invisibles que le corps, lui, tente d’évacuer.
Chuchotons-leur des mots doux, encore et encore.
Parce qu’ils sont le meilleur des remèdes
Pourquoi est-ce si fréquent chez l’enfant ?
Le décodage de l’otite est le même chez l’adulte et l’enfant. Pourtant, chez les plus jeunes, ce symptôme est bien plus courant. Pourquoi ? Parce que les enfants n’ont pas toujours les mots pour exprimer ce qu’ils ressentent alors leur corps le fait à leur place. Un enfant évolue dans un univers qu’il ne contrôle pas : il est plongé dans le monde des adultes, soumis aux choix et aux décisions de son entourage. Il entend tout, il ressent tout, mais il ne sait pas toujours comment réagir face à ce qu’il perçoit.
Un geste qui en dit long
Lorsque l’oreille fait mal, notre premier réflexe est de poser la main dessus, d’appuyer, de comprimer. Instinctivement, on essaie d’étouffer la douleur, de bloquer ce qu’on entend.
« Ce qui sert à entendre me fait mal. »
« Si j’appuie dessus, la douleur diminue et en même temps, je n’entends plus. »
Ce geste en dit long sur la symbolique de l’otite. Si la douleur est liée à l’audition, cela pose une question essentielle :
Qu’est-ce qui fait si mal à entendre ?
L’otite chez l’enfant : une douleur liée aux mots
Les enfants absorbent tout ce qui se passe autour d’eux, même ce qu’on pense qu’ils ne comprennent pas.
🔹 Les disputes familiales : Des tensions, des cris, des colères qui résonnent dans la maison. Un enfant qui entend ses parents se disputer peut ne pas comprendre ce qui se passe, mais il ressent l’énergie des mots.
🔹 Les discussions sur une séparation : Lorsqu’un couple parle de divorce, même discrètement, l’enfant capte l’émotion derrière les paroles. Il entend des mots lourds de conséquences, même s’ils ne lui sont pas adressés.
🔹 Les paroles blessantes : Un enfant qui entend des mots durs, qu’ils soient dirigés contre lui (« Tu es insupportable ! », « Tu ne fais jamais rien de bien ! ») ou contre quelqu’un qu’il aime (un parent critiqué, un enseignant dénigré, un frère ou une sœur rabaissés), peut ressentir une profonde souffrance intérieure.
🔹 Les tensions à l’école : Une maîtresse qui gronde, des camarades qui se moquent… Les mots peuvent blesser, même si l’enfant ne le montre pas.
Pour se protéger de ces paroles douloureuses, le corps trouve alors une solution : il déclenche une otite. Le message du corps, en somme : « ce que j’entends me fait mal, je préfère ne plus entendre. »
Quand la douleur remonte à la vie fœtale

Parfois, l’otite n’est pas liée à des mots blessants, mais à une insécurité plus profonde. Certains enfants développent des otites avec écoulement, ce qui peut être le signe d’un besoin inconscient de retrouver le cocon rassurant de la vie intra-utérine.
Dans le ventre de sa mère, le bébé baigne dans un liquide chaud, protégé des bruits agressifs du monde extérieur. Il entend la voix de sa mère à travers l’eau, comme une mélodie douce et apaisante. Une fois né, le monde devient plus bruyant, plus stressant. Certains enfants peuvent se sentir vulnérables, en quête de cette douceur perdue et l’otite devient alors une tentative inconsciente de retrouver cette sensation de sécurité.
Comment accompagner son enfant ?
1
Écouter, vraiment.
Au lieu de traiter l’otite comme un simple problème physique, prenons un moment pour écouter ce que l’enfant ressent : « est-ce qu’il y a des mots qui te font mal ou qui te font peur ? », « as-tu entendu quelque chose qui t’a rendu triste ? ». Les enfants n’osent pas toujours parler, mais leur corps, lui, ne ment pas.
2
Le sécuriser.
Un enfant doit se sentir en sécurité dans son environnement sonore. Même s’il ne comprend pas tout ce qui se dit, il perçoit les tensions. Si des mots blessants ont été prononcés, il est important de les contrebalancer avec des paroles positives et bienveillantes.
3
Lui offrir des mots doux.
L’oreille qui souffre a besoin de douceur : murmurer à son enfant des mots rassurants, lui dire qu’il est aimé, qu’il est en sécurité, qu’il est entouré de bienveillance.
4
Observer le contexte.
Si les otites sont fréquentes, on peut se demander à quel moment elles surviennent à chaque tension familiale ? à chaque rentrée scolaire ? En comprenant le déclencheur, on peut agir à la racine du problème.
« Tu es en sécurité. »
« Je suis là pour toi. »
« Tout va bien. »
Les mots sont comme des baumes : ils soignent autant que les câlins.
L’otite, un message à ne pas ignorer
L’otite n’est pas juste une maladie infantile bénigne. Elle peut aussi être un signal du corps, une invitation à prêter attention à ce que notre enfant entend et ressent. Alors, au lieu de simplement traiter le symptôme, prenons un moment pour écouter, comprendre, et surtout rassurer. Un enfant qui se sent en sécurité, entouré d’amour et de mots bienveillants, aura moins besoin d’exprimer son mal-être par son corps.
Et si on commençait aujourd’hui à lui souffler des mots doux à l’oreille ?
L’oignon, un remède ancestral
contre les douleurs d’oreille
L’oignon est traditionnellement reconnu pour ses propriétés antibactériennes, anti-inflammatoires et antalgiques, qui peuvent aider à apaiser la douleur et à réduire l’inflammation de l’oreille.
Comment l’utiliser ?
1️⃣ Prenez un oignon (de préférence bio).
2️⃣ Coupez-le en deux et faites-le chauffer légèrement (quelques secondes au four ou à la vapeur, juste pour le tiédir sans le cuire).
3️⃣ Placez-le dans un tissu fin ou une gaze pour éviter le contact direct avec la peau.
4️⃣ Appliquez-le sur l’oreille douloureuse pendant 10 à 15 minutes, en veillant à ce que la chaleur soit agréable et non brûlante.
5️⃣ Répétez 2 à 3 fois par jour si nécessaire.
Pourquoi ça marche ?
L’oignon libère des composés sulfurés et antiseptiques qui aident traditionnellement à dégager les voies respiratoires, calmer l’inflammation et soulager la douleur. Pour renforcer l’effet, tu peux aussi presser un peu de jus d’oignon et en déposer une goutte sur un coton, à placer à l’entrée du conduit auditif — sans l’enfoncer.
Bonus : Pour renforcer l’effet, vous pouvez aussi presser un peu de jus d’oignon et en déposer une goutte sur un coton à placer à l’entrée du conduit auditif (sans enfoncer !).

⚠️
Ce remède est un geste d’accompagnement traditionnel, à utiliser en complément d’un suivi médical — jamais à la place. En cas de fièvre, de douleur intense, ou si les symptômes persistent ou s’aggravent, consulte un médecin ou un pédiatre sans attendre. Un enfant de moins de 2 ans ou toute douleur d’oreille inhabituelle justifie un avis médical rapide.
Et si on commençait aujourd’hui à lui souffler des mots doux à l’oreille ?
Chuchotons-leur des mots doux, encore et encore
Parce qu’ils sont le meilleur des remèdes.
Si tu souhaites être accompagné·e pour mieux décoder les messages du corps de ton enfant, je suis là.
